Vu dans la Presse : l’Alsace édition Thann (02/03/2019)

Un article sorti hier dans l’édition de Thann sur un de nos triathlètes. Il met à l’honneur Tony le Caër, licencié à l’ASPTT Mulhouse Triathlon, son dur combat au quotidien et sa nécessaire pratique du sport. A l’heure où l’on parle de plus en plus de sport-santé, un article à lire, un témoignage à méditer. En tout cas, BRAVO AU BONHOMME !!!

Merci à Alain Hirschfell pour le tuyau

Le sport l’a probablement sauvé. Auparavant atteint du lymphome de Hodgkin (cancer du système lymphatique augmentant le volume des ganglions et entraînant un envahissement cellulaire particulier de lymphocytes anormaux), Tony Le Caër est aujourd’hui en rémission et ponctue sa vie de défis sportifs qui lui permettent de prouver à tous qu’une vie existe après la maladie.

Nous l’avions rencontré en 2017, avant son départ pour l’Ironman de Nice, un triathlon de l’extrême (3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km de course à pied). L’homme revient sur son expérience niçoise qu’il qualifie de « décevante »  : « J’ai réussi à finir la course mais je suis déçu du temps. Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile. J’avais de l’ambition mais j’ai sous-estimé l’entraînement. » Dopé à l’adrénaline des courses de longues distances, Tony n’a pas baissé les bras pour autant. Au contraire !

Aujourd’hui, le gendarme est licencié à l’EHA Cernay et au club de triathlon de l’ASPTT Mulhouse. Ses motivations ? Travailler son point faible, l’eau. « J’ai bien progressé en natation. J’ai tellement souffert à Nice » , insiste-t-il.

« La maladie ne m’a apporté que des bonnes choses »

En 2018, il a enchaîné les compétitions et a participé à cinq triathlons longue distance (dont quatre labellisés Ironman). Des courses à Aix-en-Provence et à Rapperswil en Suisse, à Vichy et à Nice. Le sportif a réalisé d’excellentes performances mais a aussi essuyé les plâtres des compétitions à outrance. « Je suis content de mon classement à Aix-en-Provence, j’ai bouclé la course à la 268e place sur 2 298 participants. En Suisse, j’ai réussi à me classer 461e sur 2 344 coureurs. Nice et Vichy étaient plus compliquées. Mon classement m’aurait permis de me qualifier pour les championnats du monde qui ont eu lieu en Afrique du Sud mais financièrement, ce n’était pas possible. J’ai fait beaucoup de courses, j’étais fatigué. Je suis de nouveau bien dedans aujourd’hui. Il faut savoir écouter son corps. »

Ce n’est pas le souvenir du cancer qui va ralentir cet infatigable athlète. Le triathlon joue un rôle essentiel dans sa rémission. « Il y a trois ans, j’enchaînais les séances de chimiothérapie, je perdais mes cheveux et prenais beaucoup de poids avec les médicaments. J’avais l’impression d’être dans un corps de 70 ans. C’est impressionnant de voir à quel point la maladie détruit les capacités physiques mais je ne me suis pas laissé abattre. Le sport m’a permis de tenir, je continuais à faire du vélo. Je veux prouver aux plus pessimistes qu’on peut se relever d’un cancer. »

Il a perçu le cancer comme une longue bataille qu’il fallait qu’il gagne. « C’était d’abord un combat contre moi-même » , se souvient-il. Durant son traitement, le sport lui a donné la force nécessaire. « J’ai renoué avec mon passé de cycliste pendant le traitement. Il fallait que je m’occupe, j’ai donc pris goût au triathlon à cette période. Malgré mes faibles capacités physiques, je continuais à faire du sport. »

Engagement solidaire

Tony a la forme et a plusieurs objectifs : le semi-marathon de Mulhouse , le triathlon de Belfort , le semi-ironman de Rapperswill et une course dans les Vosges. « La maladie ne m’a apporté que des bonnes choses. Elle m’a fait réagir et m’a poussé à me remettre au sport, élément qui contribue maintenant à ma bonne rémission. »

En avril dernier, le trentenaire a été élu au conseil d’administration de France Lymphome Espoir. « Je m’occupe de la communication côté sportif. Mon but, c’est de faire des partenariats et de créer des challenges pour faire parler de l’association et aider les malades. Je souhaite mettre en place un partenariat avec le semi-marathon de Mulhouse en montant une équipe. À Cernay, j’aimerais mettre en place une course avec une tombola en récompensant les gens qui participent. Je remercie les sponsors et les donateurs » , explique-t-il.

Tony Le Caër est aussi bénévole sur d’autres courses. Pour lui, il « faut savoir donner quand on est sportif ».

Tony Le Caër aime les conditions difficiles quand il est en compétition. La pluie et le froid sont ses alliés. « Je crains la chaleur, c’est mon côté breton qui ressort. Quand je double à vélo, j’ai de très bonnes sensations. Mon but, c’est d’aller chercher l’adversaire. Quand je cours ou que je fais un effort, je pense à l’association, à ma famille, à mon année de traitement et à tout ce que j’ai accompli. »

Le sportif essaye de ne pas penser à la douleur et évite le plus possible les coups d’œil sur sa montre. « Quand je nage, je me mets dans une bulle et je dévie de ma trajectoire. C’était une galère à Nice. Le sport me fait du bien au niveau physique et mental mais aussi sur le plan humain. J’ai rencontré des gens fabuleux. »