Le triathlon de Gérardmer victime de la crise ?

Dans l’Est Républicain ce matin :

Si, depuis des mois, organisateurs et bénévoles multiplient les efforts pour mettre en scène l’épreuve dans des conditions sanitaires encadrées, les autorités pourraient appliquer le principe de précaution. Le sort de la 33e édition, prévue les 5 et 6 septembre, se joue en ce moment en coulisses.Par V.T. – 16:30 | mis à jour à 19:10 – Temps de lecture : 3 min|  | Vu 2463 fois

Le sort du Triathlon de Gérardmer 2020 se joue en ce moment en coulisses. Photo VM /Eric THIEBAUT

Le sujet est tabou. Pour le moment. Mais il pourrait débarquer sur la place publique dans les jours qui viennent. Selon nos informations, le sort de la 33e édition du triathlon de la Vallée des Lacs à Gérardmer se joue en ce moment en coulisses. Et un scepticisme prononcé, cela relève même de l’euphémisme, enrobe la réflexion des autorités. Les échanges entre les organisateurs et la Préfecture ont été multiples ces derniers temps.

Des organisateurs, Paul et Bernard Charbonnier et toute leur équipe, qui se battent depuis le début de la crise sanitaire pour s’adapter aux diverses annonces gouvernementales, proposer des conditions sanitaires très encadrées et maintenir un des fleurons du sport vosgien. « On reste confiant et on a établi une liste de mesures même si cette édition sera spéciale », confiait dans nos colonnes Paul Charbonnier le 9 juin.

Les mesures concernent l’achat de masques en grand nombre, de gel hydroalcoolique, un sens de circulation adapté sur le centre névralgique…

Mais tous ces efforts risquent d’être vains. Sous le manteau, les réticences des autorités ont même commencé à gagner les rangs de bénévoles fatalistes.

Pour l’association Triathlon de la Vallée des Lacs, le coup serait rude. L’entité (1 M€ de budget de fonctionnement) a déjà perdu en route les retombées économiques du X-Terra, épreuve programmée le premier week-end du mois de juillet.

Un impact aussi pour l’économie locale

Si le triathlon de la Vallée des Lacs subit le même sort, et cela semble être l’issue la plus probable à cette heure, cela impacterait aussi l’économie locale gérômoise.

Pour mémoire, le contre-la-montre cycliste de Saint-Etienne-lès-Remiremont du week-end dernier, avait été annulé. Un principe de précaution pas forcément compris par le président de la Ligue du Grand Est de cyclisme Jean-Claude Claudel, vu les précautions prises et le cadre prévu pour la course. Le discours de l’élu s’articulant, entre autres, sur une manifestation d’équitation non loin de là, ou le Festival « Epinal bouge l’été » offrant des concerts ou spectacles pour enfants. Simples exemples.

Si le triathlon de Gérardmer brasse plusieurs centaines de bénévoles et quelques milliers de participants, les avocats de la cause gérômoise évoquent aussi la fréquentation actuelle du site du Lac de Gérardmer en cette période de vacances. Ce qui laisse transpirer, à tort ou à raison, une forme d’ambiguïté dans l’application du principe de précaution.

Ambiguïté qui s’applique au monde du sport où des manifestations du même type peuvent se tenir ou être annulées selon leur situation géographique. L’Embrunman dans les Alpes a été maintenu en août avec une jauge de participants encadrée et un public limité aux conjoints et enfants des athlètes.

La probabilité de voir le triathlon de Gérardmer rejoindre le rallye Vosges Grand Est, le Trail de la Vallée des Lacs, la Trace vosgienne VTT ou du X-Terra de Xonrupt au rayon des manifestations annulées, pousserait sûrement la réflexion autour de l’Infernal Trail de Saint-Nabord prévu les 12 et 13 septembre. Nous n’en sommes pas (encore) là.